Le CNRS
Accueil SHS
Autres sites CNRS
 
    Accueil > Équipe > Jacqueline Vaissière
 

Jacqueline Vaissière

Professeur de Phonétique

Laboratoire de Phonétique et Phonologie
UMR 7018, CNRS/Sorbonne-Nouvelle
19 rue des Bernardins
75005 Paris

ED268 - Langage et langues
1 rue Censier
75005 Paris



Site personnel

J’ai été initiée à l'informatique et à la traduction automatique des langues sous la direction de Bernard Vauquois, au Centre d'Etudes et de Traduction Automatique à Grenoble.

Mon premier travail a porté sur la synthèse de la parole, en particulier sur la génération de la prosodie, à la compagnie IBM France, au centre de recherche de La Gaude, à une époque où la synthèse en était encore à ses premiers balbutiements. C’est à cette époque passionnante que j’ai appris à écouter le signal de parole, le modifier, le construire, et petit à petit à mieux le connaître. Ce travail m’a conduite jusqu’au Speech Communication Group (MIT), dirigé par le professeur Ken Stevens, le symbole même de la noblesse de la recherche. C’est là, d’abord au fameux building Twenty, que j’ai reçu l’essentiel de ma formation, en particulier en phonétique acoustique et que j’ai pu apprécier l’ambiance d’un groupe de recherche très productif et très sympathique, où régnait une grande liberté de pensée, et que j’ai pu faire mes premières armes dans l’enseignement supérieur.

Puis je fus ingénieur à France Télécom pendant 15 ans, à Lannion. J’ai travaillé à mi-temps sur la reconnaissance automatique (analytique) de la parole (RAP) et à mi-temps sur l'automatisation des centres de renseignement. Je faisais alors aussi partie d’une petite équipe de prospection sur les technologies du futur. Cette longue expérience en reconnaissance automatique de la parole m’a beaucoup appris sur les indices acoustiques de la parole et sur la variabilité du signal. Les réunions où nous nous forcions à imaginer les technologies du futur m’ont donné le goût de la prospection. Une grande époque également.

Déçue par l’introduction massive (mais positive) des statistiques en RAP, conquise par l’ambiance universitaire lors d’une année sabbatique à l’université d’Aix-Marseille, obtenue grâce à une invitation du Professeur Mario Rossi, et témoin du début du désengagement de France Télécom pour la recherche, j’ai espéré trouver une voie qui me permette de refaire de la recherche. Une opportunité m’a été offerte par l’université de la Sorbonne Nouvelle en 1990, où j’ai été nommée professeur (succession de Monsieur le Professeur Gsell, qui venait alors de prendre sa retraite) et aussi directeur d’une petite UMR (alors UPRESA). Une UMR offre le cadre idéal pour la recherche et la formation par la recherche des étudiants. Le Laboratoire de Phonétique et de Phonologie, que j’ai dirigé conjointement avec Annie Rialland, est devenu, au fil du temps et des embauches, un lieu de discussions croisées sur la phonétique, la phonologie, la médecine, l’orthophonie, et ingénieurs, entre théories et applications, entre crayon de papier et fer à souder, entre étudiants, chercheurs et enseignants chercheurs, français ou de passage à Paris. 10 ans après, j’avais pleinement retrouver l’ambiance d’un groupe de recherche très productif et très sympathique que j’avais tant appréciée avant, au MIT. Les possibilités d’investigation physiologique sont favorisées par le fait que le laboratoire est situé à cheval entre l’université (19 rue des Bernardins) et l’Hôpital Européen George Pompidou (dans le service dirigé par Monsieur le Professeur Brasnu). Elles se sont récemment affermies grâce à l’obtention d’un équipement CNRS mi-lourd, en 2008.

Malheureusement, l’enseignement, la correction de centaines de copies, la direction de plus d’une centaine de travaux étudiants, et les charges administratives laissent peu de temps pour la recherche pour les enseignants-chercheurs français. Mon grand regret est de n’avoir jamais pu faire de la recherche de façon continue. Il reste beaucoup à découvrir dans les Sciences de la Parole, tant sur le plan théorique que pratique, en particulier par la mise en contact de méthodes et de disciplines différentes (en particulier dans les domaines de l‘apprentissage des langues, de la rééducation, et des implantés cochléaires). Le système français ne favorise pas le mélange des étudiants de formation complémentaire, alors que souvent ce mélange permet l’éclosion d’idées et d’outils nouveaux dans le domaine. Nous avons pu cependant favoriser l’éclosion de nouvelles instrumentations au sein de notre laboratoire, en collaboration avec Shinji Maeda et Kiyoshi Honda.

J'ai eu la chance de connaître plusieurs systèmes éducatifs, et plusieurs équipes de recherche. J’ai eu l’honneur d’être invitée à faire des recherches dans les laboratoires les plus prestigieux: à Bell Labs, en 1983, sur l'articulatoire avec Osamu Fujimura, et de nouveau à MIT, en 1986, invitée par Victor Zue, sur la reconnaissance automatique de la parole, et deux séjours, au Japon, à ATR (Kyoto), sur la prosodie de l’anglais. J’ai aussi la chance d’être régulièrement invitée à donner des conférences ou des cours, aux quatre coins du monde, de pouvoir discuter recherche et formation par la recherche, de revoir des amis chercheurs et de m’en faire de nouveaux. The last but not the least, j’ai la chance d’être en contact avec tous les « Speech scientists » (comment traduire ?) dont j’admirais les travaux, et pour certains, en contact quotidien.

J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à former les étudiants par la recherche, français et étrangers, linguistes, ingénieurs, orthophonistes et médecins. Depuis la fin de ma formation à MIT, ce sont les étudiants qui ont complété ma formation par leur problématique, dans des domaines divers et sur un grand nombre de langues. Certains ont déjà rejoint la liste des « Speech Scientists » passionnés par la recherche et sont devenus des collègues avec qui il fait bon réfléchir sur un problème particulier.

Lire des spectrogrammes, en plusieurs langues, est resté un des mes passe-temps favoris, ainsi que faire de la synthèse articulatoire des sons des langues du monde (avec le programme Maeda, cela va sans dire !).. Mon livre préféré reste naturellement le livre de Gunnar Fant, Acoustic Theory of Speech Production. C’est du reste sur la lecture des spectrogrammes, les nomogrammes de Fant et la synthèse articulatoire que je base mon enseignement.

J'ai la chance d’avoir un mari « who did support me" (au sens anglais du terme) depuis le temps de MIT, et qui partage encore ma passion pour la recherche et ses applications, et qui me supporte encore (au sens français du terme), malgré mon désordre, et d’avoir un fils, Julien-Kenji qui a su trouver également un travail qui le passionne.


Dernière mise à jour: 27/05/2009

 

 

Annuaires

Rechercher

Sur le WEB
du laboratoire



Sur le WEB du CNRS


Laboratoire de Phonétique et Phonologie
UMR 7018

ImprimerContactPlan du siteCréditsIntranetAccueil